Meschers-sur-Gironde

La commune est intégrée au canton de Cozes (arrondissement de Saintes). Le 22 décembre 1898, elle prend le nom de “Meschers sur Gironde”. La population s'éleve à 1096 habitants en 1790, 1034 en 1946, puis atteindre 2234 aujourd'hui. Jusque sous Charlemagne, le bourg s'appelait “Miscaria", puis “Méchay". Le nom est formé à partir de deux mots gaulois: “Mis” (mauvais), et “Caria” (pierres). (Jean-Marie Cassagne et Stéphane Seguin, opus cité ).

La commune, d'une superficie de 1598 hectares, s'étend sur le plateau de calcaire crétacé qui domine la Gironde par des falaises de 25 à 30 m. de haut. Celles-ci sont creusées de grottes d'origine karstique, cavités provenant de la dissolution du calcaire par les eaux chargées en dioxyde de carbone. Agrandies, ces “grottes” ont été aménagées par l'homme. Au pied de la falaise, on a exploité des carrières dont il reste de vastes “salles”, certaines atteignent 60 m. sur 20 m. Le plateau est festonné par cinq conches tapissées de sable fin dont notamment, vers le sud, la Conche à Cadet (célèbre naufrageur et pilleur d'épaves), et la Plage des Nonnes, la première plage marine qui très fréquentée dès le début du siècle (d'autant qu'elle était ourlée, sur la falaise, d'un magnifique bois de chênes verts).

Le site est occupé depuis le Néolithique. On a retrouvé des outils celtes. Les traces d'occupation gallo-romaine sont nombreuses. Les fouilles ont révélé des restes de villa gallo-romaine à Suzac . Grâce à des dons faits par Louis le Pieux en 814, on sait que, déjà, l'économie était basée sur la culture des céréales, de la vigne et l'exploitation de la forêt. Au XIè siècle, Meschers est sous la dépendance des Sires de Didonne. Dans une charte de 1092, Hélie de Didonne fait mention de ses moulins de Meschers.

 
Vue aérienne de Meschers

Vue aérienne de Meschers

 
Carrelets

Carrelets

 
 

Au XIIè siècle, l'Abbaye de Saint-Jean d'Angély installe un prieuré dans la paroisse, et au XIII e siècle, c'est la Commanderie des Templiers des Epeaux, près de Meursac, qui édifie un monastère au lieu-dit Béloire, à la limite du marais des Barrails. Déjà, à cette époque, on exploite le sel dans ce marais. Encore au XVIIè siècle, près de trente hectares de marais salants produisaient un sel abondant. En 1486, la seigneurie de Meschers est donnée, par le roi, à Charles de Coëtivy, comte de Taillebourg. Lors de la guerre des gabelles, en 1548, la paroisse de Meschers doit livrer, dans la forteresse de Royan, les cloches de son église: deux grosses et deux moyennes. Beaucoup de gens de la région se convertissent au protestantisme. Aussi, au début du XVIIè siècle, Meschers est un bourg à majorité huguenote .

Des corsaires rochelais s'y installent et écument la Gironde, perturbant le trafic. Le vice-Amiral de Guyenne leur fait la chasse, les capture. Ils seront exécutés à Bordeaux en 1617 . En 1620, des pirates espagnols pourchassent des navires à l'entrée de la Gironde. Ceux-ci ont le temps de se mettre à l'abri sous la forteresse de Royan. De dépit, les pirates remontent la Gironde jusqu'à Meschers, bombardent la ville. En 1622, le bourg est de nouveau bombardé par les troupes royales qui viennent de lever le siège de Royan. Le clocher de l'église est endommagé. L'année suivante, les habitants des bourgs de Meschers et de Saint-Georges de Didonne envoient une supplique au seigneur suzerain, le comte de Laval, pour qu'il fasse cesser les cruautés d'une de ses vassales, la Dame de Théon et Meschers, Joachine du Breuil : « Elle nous a fait condamner jusques au nombre de sept à huict vingtz, les uns à estre roués et les autres pendus...et fit périr de faim, l'année dernière, ez deux paroisses...plus de cinq à six cents âmes... » (voir le chapitre sur Saint-Georges-de-Didonne).

En 1682, par arrêt du Conseil d'Etat, le temple est détruit. Au XVIIIè siècle, le port est très actif et fait un cabotage important. D'autant que, pour éviter la navigation dangereuse dans le pertuis de Maumusson et le long de la côte sauvage, les marchandises en provenance de l'Aunis, remontent la Seudre, sont déchargées dans le port de Ribérou, transportées par route au port de Meschers et embarquées pour Bordeaux.

 
Eglise de Meschers

Église de Meschers-sur-Gironde

 
Moulin de Béloir

Moulin de Béloir

 
 

Le 15 février 1790, c'est l'élection du premier conseil municipal. On précise par écrit ses devoirs: “Maintien du bon ordre, répartition des impôts, subsistances, surté, tranquilleté publique et salubrité de l'air”. Le 20 prairial An II, la fête de “l'Etre Suprême” revêt un caractère solennel. “La citoyenne Gassipu, déesse de la Liberté, est guirlandée de fleurs et tenant une pique à la main pour signe de terreur de nos ennemis.” Le maire fait “prêter le serment public aux mères de famille qui jurèrent de faire sucer, avec le lait, les principes de la Révolution à leurs enfants. Il passa ensuite aux jeunes citoyennes, qui en levant la main droite, promirent de ne se marier jamais qu'avec des Sans-culottes et des défenseurs de la Patrie” .

Au XIX e siècle, Meschers est un petit bourg d'un millier d'âmes. Les grottes entre Matata et la conche à Cadet sont habitées par des personnages pittoresques: le Père Lavigne, la Guicharde, la Femme neuve. Le port fait un actif cabotage. Il exporte les produits de la campagne de Cozes: céréales, bestiaux, vins, eaux-de-vie et importe du bois du Nord, des tuiles, des briques et des farines. En 1814, on songe à réunir le port à Ribérou sur la Seudre par un canal. En aval du bourg, en bordure de la falaise, six moulins à vent reçoivent de plein fouet la brise du large.

Aujourd'hui, l'économie est orientée vers l'agriculture où quelques grosses exploitations produisent des céréales, et de plus en plus vers le tourisme. Les hautes falaises abritant les fameuses grottes, les plages de sable fin, les forêts de pins et de chênes verts attirent entre 25.000 et 30.000 estivants. La commune dispose pour les accueillir d'hôtels, de campings, de colonies, de villages de vacances, de restaurants. Le port a été agrandi (sa capacité actuelle dépasse les 250 places). L'église Saint-Saturnin date du XIXè siècle. Il reste de l'ancienne église, le clocher du XVè siècle (inscrit aux M.H.) et quelques vestiges du XIIè siècle. Une ancienne demeure seigneuriale est visible à Château Bardon.


Pendant les guerres de Religion, une vingtaine de familles se réfugièrent dans les grottes de Meschers, engrangeant le foin pour le bétail, vivant surtout de la pêche. La Grotte à Cadet vient du nom d'un écumeur de mer. D'après la légende, il avait un bateau dont le timonier était un mouton noir aux cornes recourbées. Il sortait par gros temps, attirait les navires sur les écueils, causant de nombreux naufrages par ses malédictions. Depuis 1985, la municipalité a aménagé celles de Régulus qui sont ouvertes au public. Depuis 2003, de nouvelles grottes municipales sont à découvrir, ainsi qu'un nouvel espace d'accueil, un nouveau circuit de visite, et de nouvelles collections (mannequins, fossiles, exposition sur le caviar et les carrelets).

 
Matata

Les Grottes de Matata

 

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Grottes Régulus

Grotte de Régulus

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