L'histoire de la coubre

Le phare tient son nom de la pointe de la Coubre, à l'extrême nord de l'estuaire de la Gironde.

Une pyramide en bois de chêne fut élevée en 1699 à la Pointe de la Coubre pour servir de balise aux vaisseaux qui entraient dans la rivière de Gironde. Tombée en ruines, elle fut reconstruite en 1727 par le chevalier de Bitry, ingénieur du roi qui améliorât la lanterne de Cordouan.
Cette pyramide est mentionnée sur les cartes du XVIIIème siècle : « tour de bois » en 1747 par le chevalier de Longueville, « la tour de bois » vers 1760 par Cassini. Sur une carte de Teulère de 1766, en plus de la balise en bois, une tour ronde en pierre apparaît, construite par Borda pour servir d'alignement entre elles. Teulère la fera peindre en noir « car elle se voyait mal au milieu des dunes de sables ».

Un premier phare fut construit en 1830 sur une pyramide en bois qui sera démolie en 1843 puis reconstruite en 1860. Une tour de 50 mètres de haut, en maçonnerie lisse, fut édifiée en 1895 par l'ingénieur Caboche. Le rivage ne cessant de reculer, il fallut reconstruire, à 1500 mètres de la côte, un phare en béton armé de 64 mètres de haut qui fut mis en service en 1905 par l'ingénieur Alexandre, visible à 80 km en mer grâce à son puissant feu électrique, alors que l'ancien phare s'écroulait en mai 1907.

le phare de la coubre

Un feu secondaire, abrité dans une lanterne appelé « barbette », s'accroche, en encorbellement, à mi-hauteur de la tour, marquant le passage de la partie du phare peinte en blanc à la partie rouge. Au pied de la tour, quatre projecteurs pour la protection des oiseaux migrateurs fonctionnent aux heures d'allumage, pour détourner leur attention. La mer continuant à ronger la côte, le phare n'était plus qu'à 200 mètres environ lors du raz-de-marée du 27 décembre 1999. La dune ayant encore reculé de 50 mètres. Le phare a oscillé mais a résisté à des rafales de vent de 218 km/heure. Il est aujourd'hui automatisé et gardienné.

icone lien Les phares de La Coubre en images...

Victor Billaud, Royan et ses environs, guide des touristes, p.246-247, Royan, 1929 :

Le nouveau phare a été construit dans l'espace de quelques mois en béton de ciment. C'est la première construction de ce genre qu'on ait bâtie. (...)
Le feu électrique de la Coubre est du type le plus puissant qui existe en France et probablement au monde. Il se compose d'un optique double avec deux lampes à arc dont l'intensité atteint 30 millions de bougies. (...) Par les temps très brumeux, on met en action une sirène à air comprimé qui émet de deux en deux minutes un groupe de deux sons d'égale hauteur et de trois secondes chacun séparés par un intervalle de trois autres secondes. L'appareil produit des vibrations semblables à des mugissements,d'un effet lugubre et dont la portée atteint vingt kilomètres.