Le Ribérou, inventaire du patrimoine

saujon

Le port du Ribérou est situé tout au fond de l'estuaire de la Seudre, sur sa rive gauche. Le port est établi sur un lit vaseux favorable à l'échouage. Son écluse de chasseécluse de chasse
Ouvrage aménagé entre deux plans d'eau de niveau différent pour permettre de chasser les dépôts limoneux d'un plan d'eau supérieur dans un plan d'eau inférieur
marque la limite des eaux douces de la Seudre. Le Ribérou est le port de la ville de Saujon. Le port est déjà très actif dans le seconde moitié du 18ème siècle. Mais les sinuosités de la Seudre favorisent son envasement.
A plusieurs reprises, la population réclame une transformation du chenal. La situation s'aggrave pendant la Révolution Française, quand le moulin à maréemoulin à marée
Moulin mû par l'énergie hydraulique
, bâti en tête du port, est vendu et cesse d'être utilisé. Sans chasse, les dépôts vaseux augmentent et le port devient inaccessible à certains bateaux.

Un premier projet de rénovation du port et du chenal est présenté en 1822. Il a notamment pour objet la transformation de l'ancien moulin à marée en écluse de chasse ainsi que l'élargissement et le curage du port du chenal. Les travaux ont lieu dans les années suivantes mais dès 1835, faute d'entretien, le port est à nouveau envasé. Un nouveau projet d'amélioration est présenté en 1839. Les travaux se terminent en 1842. Le chenal est rectifié, deux chemins de halagechemins de halage
chemin destiné au halage (remorquage d'un bateau à l'aide d'un câble) le long d'un cours d'eau, d'un canal
sont construits de part et d'autre entre le Ribérou et le Breuil. Entre 1839 et 1842, le port du Ribérou est également modernisé et doté de nouvelles infrastructures. Pour créer un espace favorable aux activités portuaires, les maisons bordant le port et celles de l'actuelle rue de Ribérou sont frappées d'alignement.

Au milieu du siècle, une nouvelle écluse et un grand bassin de chassebassin de chasse
Pièce d'eau servant de réservoir et ayant pour fonction de chasser les dépôts limoneux d'un port ou d'un chenal
sont édifiés. Avec ces aménagements, le port accroît son importance commerciale. Une bonne desserte routière et ferroviaire améliore également la situation. Au début des années 1880, la Seudre est redressée en aval du Breuil, pour éviter le coude du Bot. Aujourd'hui, au lieu-dit les Marais du Port, les bornes de halage, qui bordaient l'ancien chenal non régularisé, sont toujours visibles. Le port actuel a subi de multiples changements, le pont de la route Saintes-Royan le défigure et empêche la venue de navires d'une certaine taille. De plus son envasement est considérable. Le port du Ribérou ne connaît donc qu'une activité réduite et n'abrite plus que de rares bateaux. L'harmonie des façades rectifiées, au milieu du 19ème siècle, est toujours présente.

Le port du Ribérou a une longueur d'environ 250 mètres et une largeur de 40 mètres. La rive nord est occupée sur toute sa longueur par un perréperré
Mur, revêtement en pierres sèches ou en maçonnerie qui protège et renforce un ouvrage
en pierre de taille surmonté de bollardsbollard
Bitte d'amarrage
en pierre de forme quadrangulaire. La rive sud est composée de deux doubles calescale
Partie d'un quai en pente douce, prévue pour le chargement, le déchargement, le halage des bateaux
entourées de deux quais en pierre de taille. En retrait des quais et des cales se trouvent également des bollards en pierre. Le port est clôt par une écluse de chasse formant un pont et suivie d'un bassin de retenue qui occupe le lit de la Seudre non navigable. Sur la rive sud, se trouve un petit bâtiment d'un seul niveau qui devait sans doute abriter l'ancien bureau du port ou l'ancien bureau des douanes.